Vendredi 6 novembre 2009
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Je comprendrai qu'après vous avoir donné la vie, il est une autre mission tout aussi essentielle : vous donner le goût de la vie. Après tant d'heures de veille viendra le temps de l'éveil. Après
avoir protégé votre vie, il sera temps de révéler en vous la saveur de la tendresse, du don et des joies inaltérables. De réveiller surtout le courage d'exprimer votre singularité légitime.
Je vous aiderai à déchiffrer tout ce qui passe à travers vous, qui ne se comprend pas d'abord et oeuvre en secret pour votre unité. Je vous enseignerai le lien étrange et si fort entre l'exigence
et l'abandon. L'abandon à plus haut que vous.
Et je vous rendrai grâce aussi. Sans vous, jamais je n'aurais su imaginer que les chemins de souffrance puissent déboucher d'un coup sur la clairière de la joie. Une joie tout à fait du dedans,
comparable à nulle autre, vraiment.
Ce savoir-là, appris de tout mon être, ce savoir est devenu saveur.
Du reste, tout savoir véritable devrait être cela : une saveur. Je veillerai donc à vous transmettre la saveur.
Avec vous, mes filles, j'ai perçu comme une fulgurance qu'aimer est la seule manière de connaître puisque c'est le seul moment de notre vie où nous basculons comme une cascade dans le don,
l'abandon et donc la surabondance.
Je m'emploierai donc à nourrir assez votre générosité pour faire de vous un torrent de vie.
En veillant sur le trésor de votre existence, j'ai appris à ne compter que les instants qui comptent. Et ce qui compte n'a pas de prix. Ce sont les mille premières heures de veille qui comptent.
Après, on devient vaste et inépuisable comme le silence de l'amour.