Mercredi 17 février 2010
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Même lorsque nous prétendons maîtriser notre vie, nous sentons bien que quelque chose nous échappe, se joue de nous tout en se jouant en nous, et ne peut dépendre
de notre seule volonté — aussi tenace soit elle. Ce soupir que nous avons face à ce mystère de la vie et à la part d’invisible qui l’habite, deux mystiques modernes l’ont ainsi exprimé :
« Nous avons tous soif d’une plénitude et d’une pureté que l’humain ne peut pas nous donner, nous avons tous soif de divin » (Gustave Thibon)
« Notre désir de bonheur est trop démesuré pour qu’il puisse jamais être rassasié ailleurs que dans l’au-delà » (Guy de Larigaudie)
Comme y invite Albert Schweitzer (qui fut tout à la fois théologien, musicien, philosophe et médecin), il nous faut constamment « élever notre relation naturelle avec le monde à la hauteur d’une
relation spirituelle »…
Lundi 11 janvier 2010
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NOUS VOULONS CELEBRER dans l’homme sa part éternelle et reconnaître à travers le mystère
qui l’habite l’authentique dimension de sa vocation.
NOUS DESIRONS AFFIRMER que sa valeur dépasse infiniment la fonction matérialiste que l’époque moderne lui assigne.
NOUS SOUHAITONS EXPLORER ses chemins de plénitude et d’altière liberté.
NOUS RECUSONS toutes les idées fausses et fallacieuses, et avons à cœur de mettre en garde contre les tendances corruptrices, les influences insidieuses et les équivoques subtiles.
NOUS ENTENDONS RAPPELER à l’homme que la conscience savourante de vivre ne peut se concevoir sans une espérance forte et une ferveur sans cesse renouvelée.
NOUS CHERCHONS A MOBILISER son ardeur et sa hardiesse non seulement pour les batailles du monde mais tout aussi bien pour les combats intérieurs.
NOUS PARIONS sur les forces de vie, de lumière et de réconciliation, face aux ténèbres et à tout ce qui contrarie les harmonies de l’être et les chances de fraternité.
NOUS CROYONS l’homme capable de merveilles et de prodiges dès lors qu’il se laisse transfigurer par l’Amour.
NOUS CHERCHONS A REVELER au monde la chance qu’il ne sait pas qu’il a.
NOUS PENSONS que l’homme dispose aujourd’hui d’assez de moyens pour résoudre la grande majorité des problèmes de ce monde, mais que pour ce faire, il doit opter résolument pour l’avènement d’une
civilisation du cœur.
NOUS OEUVRONS POUR REHABILITER un système de valeurs respectueux de la dignité originelle de la personne et rendant visible la beauté du genre humain et de la Création qui
l’entoure.
Mercredi 6 janvier 2010
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Si vous voulez vivre dans le vrai, demandez-vous : “qu’est-ce qui ennoblit ma vie” ? Quels sont les actes ou les initiatives dont vous êtes fiers ? Parmi l’un ou
l’autre des projets qui vous occupent actuellement, entretenez-vous le souhait d’y puiser un motif de perfectionnement ? Le sens de la gratuité, le souhait du partage, le désir de faire grandir
l’amour sont-ils inclus de quelque manière dans votre emploi du temps actuel ? Vous arrive-t-il d’avoir le sentiment que quelque chose, dans votre vie, “sonne faux”, soit parce que vous vous sentez
piégé par un réseau d’obligations et de contraintes extérieures à votre volonté, soit parce que vous avez fait fausse route ? Avez-vous pris la ferme résolution de rétablir une harmonie dans votre
petite musique intérieure ?
Mercredi 9 décembre 2009
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Si vous ne faites pas ce que vous avez à faire aujourd’hui, comment voulez-vous trouver du temps pour faire ce que vous aurez à faire demain ?
Le stress, si coutumier au monde moderne, provient bien souvent de ce cumul d’activités qui finissent par mettre en péril notre sérénité en exigeant toujours plus d’engagement de notre part. La
seule manière de sortir de ce cercle vicieux du temps après lequel on ne cesse de courir – au risque de tourner en rond – est de n’accepter d’ajouter à notre emploi du temps que ce que nous pensons
être capables d’accomplir, afin de ne pas surajouter à la frustration de n’avoir pas le temps et d’être perpétuellement en retard.
Ne soyez pas des forcenés de l’action : il est un seuil au-delà duquel votre énergie s’épuisera ; allégez-vous des agitations inutiles, des activités chronophages, et de tout ce qui vous éloigne de
votre équilibre, de votre bien-être et de votre sérénité !
Mercredi 25 novembre 2009
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La succession des événements est toujours trop lente lorsqu'on attend. Pourtant, selon l'adage populaire : qui sait mal attendre sait mal agir. Il nous faut distinguer entre l'impatience coupable
qui nous incite à brûler les étapes, et l'intensité vitale qui nous pousse à agir sans délai, dans ce que nous appelons le feu de l'action.
La patience est une vertu, d'autant plus grande de nos jours que le temps s'accélère et que notre esprit est accoutumé à l'immédiateté. Tout contribue, dans le monde moderne, à esquiver le temps de
l'attente.
C'est oublier que c'est dans l'attente qu'est lové le désir, et qu'en sacrifiant le désir, on supprime dans le même temps ce qui donne sens et saveur à la vie. La patience doit être cultivée comme
une jeune pousse à la croissance très lente, mais dont la fleur est aussi belle que la joie !
Née impatiente,...., j'ai appris la patience et suis fière aujourd'hui d'être dotée d'une telle vertu !
Mardi 17 novembre 2009
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Quand on dit de quelqu’un qu’il est exigeant, on peut désigner tout à la fois l’impulsivité impérieuse ou la quête personnelle de l’excellence. Tout dépend bien sûr de la manière dont cette énergie
est orientée : s’agit-il d’exiger des autres, de la société, ou d’être exigeant vis-à-vis de soi-même au point de reculer ses propres limites ?
Notre démarche est-elle de revendication (“j’y ai droit”) ou de discipline intérieure (“Je dois”) ? Conquête sociale ou quête de souveraineté intérieure ? Doit-on demander le plus possible ou se
donner soi-même le mieux possible ?
Attendre les choses de soi-même plutôt que de la société nous donne des satisfactions incomparables, semblables au plaisir auquel l’effort a donné naissance, ou au soleil radieux qui succède à la
pluie…
Mercredi 4 novembre 2009
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Pour le baron d’Holbach, “l’homme qui n’a rien à désirer est à coup sûr plus malheureux que celui qui souffre”.
Le désir fleurit, alors que la possession flétrit toutes choses. Le manque conduit plus sûrement à la plénitude que le trop-plein, parce qu’il nourrit justement le désir. Il y a de la vie, de la
vigueur, de la vitalité, de l’énergie, de l’espérance dans le désir.
Le désir est cette attention qui se fait tension en nous et qui nous met en appétit et en attente. Nous avons la jeunesse de notre désir, car désirer c’est être en devenir. La possession est une
gratification, et les gratifications ne promettent pas le bonheur, tandis que le désir est une grâce qui ressemble à un héritage promis.
Jeudi 29 octobre 2009
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J’aime à rappeler qu’il y a en nous deux intelligences : celle de la tête et celle du cœur. Ou, si l’on veut, la raison et l’émotion. Pourquoi vouloir disqualifier l’une ou l’autre ? Toutes deux
sont nécessaires à notre équilibre, dont le secret tient à ce dosage (constamment modifié selon les circonstances) entre l’élan pur et le discernement méthodique.
L’élan du cœur, s’il est confirmé par l’enthousiasme, est probablement l’un des mouvements les plus vrais que nous puissions exprimer. Mais, pour perdurer, il lui faut obtenir les lettres de
noblesse que seule la raison peut lui confirmer.
Il faut que la tête accepte de suivre ce que le cœur a précédé. C’est lorsque s’entremêlent l’enthousiasme et le discernement que la vie est en mesure de nous entraîner dans sa spirale
ascendante.
Paul Eluard avait raison de soutenir qu’« il n'y a pas d'enthousiasme sans sagesse, ni de sagesse sans générosité ». L’équilibre, toujours, entre le cœur et la raison.
Jeudi 29 octobre 2009
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10:55
Sénèque rappelle la “brièveté de la vie” dans un ouvrage du même nom, en expliquant le pathétique de la condition humaine : «Vous vivez comme si vous deviez vivre toujours ; jamais vous ne pensez à
votre fragilité. Vous ne remarquez pas combien de temps est déjà passé, vous le perdez comme s’il venait d’une source pleine et abondante»…
Il nous faudrait accorder davantage d’attention à tout le précieux de la vie et de la relation, en reconnaître la grâce et le privilège, malgré tous les obstacles que nous prétendons devoir
affronter.
L’usure des jours, la familiarité de notre entourage, la routine de nos gestes, l’inertie de notre manière de penser, nous empêchent justement de renouveler notre regard sur ce qui nous entoure.
Nous oublions sur quel fragile équilibre notre bonheur repose.
Si nous étions capables d’imaginer que notre bonheur peut s’évaporer dans la seconde qui suit, combien nous serions heureux et emplis de gratitude dans la seconde qui précède !