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Elle est psy, il est galeriste. La cohabitation avec une analyste donne à Maximilien tous
les moyens, "toutes les ficelles", pour disséquer ce qui lui arrive et donner au moindre détail une importance démesurée, comme s'il était la source et l'explication de toutes les questions qu'il
se pose. Mais Maximilien n'est pas analyste et ses déductions tombent le plus souvent à côté de la réalité, et Clotilde ne fait rien pour l'aider, lui parlant d'un congrès à New York alors
qu'elle part aider des enfants malades à Sarajevo, lui faisant croire à une vie amoureuse agitée, alors qu'il n'en est rien. Dans son cahier, Clotilde explique qu'elle "vibre plus en écoutant les
confidences" de ses patients que lorsqu'elle se "trouve entre ses bras". Elle s'en veut d'avoir trop donné et trop vite, "j'ai manqué au devoir de l'amour qui est de durer". "On ne se résigne pas
facilement à ne plus être aimé", reconnaît le héros. "Comme toujours, on entre dans l'amour par la grande porte. On en sort par la petite", se lamente-t-il.
Ce court roman est écrit dans un style alerte qui ne parvient pas toujours à masquer la minceur du propos, une histoire gentille, bien tournée, très dans l'air du temps. Au printemps dernier,
Olivier Orban avait déjà fait parler de lui avec Lila dit
ça, un mystérieux livre signé Chimo. PDG des éditions Plon, il
a toujours affirmé avoir reçu le manuscrit de ce roman cru, venu de l'univers des banlieues, d'un avocat qui lui aurait "remis deux cahiers Clairefontaine à petits carreaux". Une explication qui
avait laissé de nombreux spécialistes sceptiques. Le Canard
enchainé affirmant pour sa part que le roman, "coup
d'édition", avait été écrit par Olivier et Christine Orban
Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes.
Dites tout doucement et clairement votre vérité ; et écoutez les autres, même le simple d’esprit et l’ignorant ; ils ont eux aussi leur histoire.
Évitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l’esprit. Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. Il y a toujours plus grands et plus petits que vous.
Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressés à votre carrière, si modeste soit- elle ; c’est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps. Soyez prudent dans vos affaires ; car le monde est plein de fourberies.
Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe ; plusieurs individus recherchent les grands idéaux ; et partout la vie est remplie d’héroïsme. Soyez vous-même. Surtout n’affectez pas l’amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l’herbe.
Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.
Au delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l’univers, pas moins que les arbres et les étoiles ; vous avez le droit d’être ici. Et qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il le devrait. Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix dans votre âme.
Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Tâchez d’être
heureux.
Max Ehrmann-1927